Tuesday, July 4, 2017

ART : Portraits of the clan

Hi guys !

I recently did new portraits from our beloved peeps from Paris' Clan !
I hope you'll like them ! Tell me what you think ^^
Here they are :

 Mélusine

 Absinthe

 Delacroix

 Grimm

 Morphine

 Opaline

Richelieu


Monday, August 17, 2015

ART - Mélusine, Grimm and Richelieu by Valaheri

A few weeks ago, I commissioned Valaheri for drawing my little babies : Mélusine, Grimm and Richelieu.
She came up with an awesome idea that made me laugh on paper. I can't tell you how happy I am with the final drawing !


Ahahah Richelieu ! Protector of values and morales XD

Go and check her DA page, it's worth checking ! She does amazing stuff ! Valaheri on DA

Wednesday, June 24, 2015

FIC - Nanowrimo - Echec Critique

Bonjour ! 

Me voilà de retour avec la première fic écrite dans le cadre du Nanowrimo que j'ai fait en novembre dernier :)

Pour ce Nanowrimo, j'ai repris le concept des défis d'écriture que j'avais fait avec Louise dans le temps : un thème et des mots obligatoires qui cette fois-ci m'ont été donné par mon compagnon.

Cet épisode se passe dans le passé du clan, quand nos gargouilles étaient encore adolescentes, dans les années 80

Je vous souhaite bonne lecture ! :D

1982 - Bande son :
Survival - Eye of the Tiger
Olivia Newton John - Physical
Joan Jett - I love Rock & Roll
The Human League - Don’t you want me
Soft Cell - Tainted love
Toto - Rosanna
Hall & Oats - I can’t go for that
Foreigner - Waiting for a girl like you
Asia - Heat of the moment
ABC - Look of love

Mots obligatoires : Château - Soupape - Raton-laveur


- ECHEC CRITIQUE -

Décembre 1982

La neige était tombée en fin d’après-midi, et n’avait pas cessé depuis. Un manteau blanc avait recouvert les pierres, l’herbe des jardins, les fontaines et même les arbres nus s’habillaient d’une légère doublure duveteuse. Le parc de Vincennes s’était vidé de ses promeneurs, les singes avaient regagné leurs abris chauffés tandis que les lions et les tigres se faisaient nourrir à l’abri des regards des visiteurs. De l’autre côté de la Seine, le Manoir du Muscari dans une partie privée de l’énorme parc de Vincennes connaissait également un peu de mouvement et de charivari. L’auguste demeure du professeur Montigny, au grand dam de son propriétaire, allait être le théâtre d’un joyeux bazar, une fois encore. Mais nous n’en sommes pas encore là.

Isidore Montigny, professeur mondialement renommé en zoologie, cryptozoologie et anatomie comparée avait eu le privilège d’être l’invité d’honneur au gala de charité donné au National American Museum of Natural History de New York. Le T-Rex qui en avait fait toute sa notoriété avait enfin regagné son socle après quelques années de rénovation et réhabilitation. Cela valait bien une petite réception ! Aussi allait-il pouvoir se retrouver entre pairs et en profiter pour négocier quelques partenariats ou financements pour sa Fondation pour le Savoir Universel.
Le vieil homme qui avait soufflé ses soixante-dix printemps, en paraissait vingt de moins. Malgré les rides et les cheveux blancs, Isidore Montigny se portait comme un charme. Toujours actif et extrêmement demandé, il n’était pas inhabituel que le professeur soit absent car en déplacement à Berlin, Buenos Aires ou Pékin. Cependant depuis quelques années, il avait décidé de lever le pied sur les voyages professionnels devenant trop nombreux et trop fatiguants.
Non seulement il sentait que les décalages horaires commençaient à entamer sa santé mais aussi il s’en voulait de laisser autant ses enfants adoptifs seuls au manoir même si ses voyages et ses absences étaient indispensables pour sa fondation. C’était toujours avec un pincement au coeur qu’il laissait ses protégés au Muscari tandis qu’il s’éloignait à l’arrière de sa Bentley Mulsanne.

“ Tout va bien, Monsieur ? ” s’enquit Henri, son fidèle chauffeur à la moustache de morse.

“ Oui, oui, Henri. C’est juste que ces multiples voyages commencent à m’épuiser. Nous ne sommes plus de prime jeunesse, vous et moi, n’est ce pas ? ” dit-il en riant.

“ En effet Monsieur. Je vous emmène à Charles de Gaulle ? ”

“ Oui Henri. Allons-y. ” approuva Isidore en rangeant dans son porte document la cassette audio spéciale Rock 82 que Delacroix lui avait spécialement préparé et le dessin que Mélusine lui avait fait. C’était une tradition à laquelle sa petite protégée ne dérogeait pas depuis ses sept ans où il l’avait recueillie dans son monastère de Gascogne. C’était déjà presque vingt ans auparavant. Vingt ans ! Que le temps passe vite !

Le soleil s’était couché depuis quelques heures lorsque la Bentley avait passé le portail de la propriété. Aux fenêtres du premier étage, on pouvait deviner des silhouettes collées aux vitres embuées.
Les enfants avaient dit au revoir à leur père adoptif. Enfants ? Ou plutôt adolescents devait-on dire. Car les trois créatures avaient chacun fêté leurs seize printemps pendant l’année. Tous avaient poussé comme du chiendent, la voix de Delacroix avait chuté de quelques octaves, Mélusine était toujours plongée dans ses livres et Absinthe plus boudeuse que jamais.
Les absences du professeur avaient toujours été des moments particuliers pour les gargouilles. Dans son enfance, c’était des périodes que Mélusine redoutait car elle savait que Delacroix et Absinthe allaient en profiter pour s’amuser avec elle (ou surtout s’amuser d’elle). Avec le temps leurs relations s’étaient apaisées et ils avaient commencé à jouer ensemble plus calmement.

Absinthe fut la première à se détacher de la fenêtre et se dirigea vers le canapé, attrapant un magazine “Elle” qui traînait sur la table basse. Delacroix quant à lui avait branché ses écouteurs et commençait à chanter à tue-tête et gesticuler comme un forcené, au grand désarroi de sa soeur plus intéressée par les dernières tendances coiffure du moment et le courrier du coeur.

“HEAAAAAT OF A MOMENT !”

“Delacroix ! Tais-toi ! Laisse moi lire !”

“HEAAAAAT OF A MOMENT !”

“DELACROOOOOOOIX !”

Tout en se déhanchant comme un beau diable, la gargoyle bleue se décida enfin à quitter le salon, après que Absinthe lui ait jeté sur le museau l'un des coussins du canapé.

Mélusine s’était isolée comme à son habitude dans le fauteuil près de l’âtre qu’elle avait tourné dos à la pièce et avait ouvert le lourd grimoire de sortilèges qu’elle essayait de déchiffrer et de maîtriser depuis tant de temps. Le grimoire était parcouru de notes, de traductions, de post its, d’annotations et de feuillées raturées. Isidore Montigny le lui avait offert des années auparavant ; une grosse erreur aux yeux d’Absinthe qui voyait d'un mauvais oeil toutes les tentatives de magie de sa soeur de clan - tentatives souvent malheureuses et à leurs dépens, il fallait bien l’admettre ! D'après ce qu'elle avait pu apprendre dans ce gros registre, il existait plusieurs sortes de sortilèges. Ceux qui n'étaient que des incantations magiques, souvent en vieux latin, et ce, toujours en possession du grimoire. L'autre sorte s'apparentait presque à de la cuisine, avec des ingrédients... spécifiques, des dosages précis et un rituel qui avait besoin d'un certain décorum : bougies, dessins cabalistiques, encens etc. Autant dire que cette catégorie-ci n'était pas son fort, tout comme la cuisine n'était pas l'un de ses apanages naturels.

D'ailleurs il y avait un sort-recette qui lui faisait terriblement envie et elle s'était décidée à l'essayer. En cachette évidemment ! Absinthe l'avait prise en grippe depuis qu'elle avait malencontreusement "modifié" tous les coussins de la chambre de la gargoyle aux cheveux verts, les rendant phosphorescents pendant des semaines. Depuis cet "incident", Absinthe l'avait à l'oeil et Mélusine avait l'impression qu'elle ne pouvait pas faire un pas dans le manoir sans que l’ombre de l'autre ne se dessine sur le mur,  les poings sur les hanches.
Heureusement, la gargoyle aux lek’kus avait découvert ce petit réduit derrière la chaudière où elle avait pu s'installer pour s'essayer à de nouveaux sorts. Mais ses dernières tentatives n'avaient rien donné. Le sortilège s’appelait “Vitam Infundo” et était censé animer les photos et les images ... mais pour le moment,  elle avait échoué à chaque fois. Mélusine avait du forcer la dose car la mixture s'était révélée plus gluante et collante qu'elle n’aurait dû être et restait collée sur ses doigts. Elle avait bien essayé de se laver les mains x fois pour faire partir la substance mais rien n’y fit. Mélusine essayait de se cacher à la surveillance de faucon d'Absinthe, priant pour qu'elle ne remarque pas ses mains.

Après quelques instants, la tornade bleue électrique revint en hurlant avec enthousiasme :

"Hé, les filles ! Puisqu’on nous a interdit de sortir pendant que ‘Pa est pas là, ça vous dit de jouer avec moi à ce nouveau jeu ? "

Absinthe leva un sourcil dubitatif au dessus de son Elle.

"C'est quoi ton truc ? Encore tes hippos gloutons ? Ton docteur frapadingue ?"

"Naaaaaan ! C'est un nouveau concept ! Ça fait un tabac aux Staïtes ! C'est un jeu où tu incarnes un personnage et c'est toi qui décide ce qu'il fait dans l'histoire.  C'est trop bien ! Ça s'appelle "Châteaux et Chimères". Mélusine, tu veux jouer ?”

"Oui, pourquoi pas ? J'avais rien prévu cette nuit." Tout était bon à prendre pour occuper Absinthe et plus elle s'acharnerait sur Delacroix, moins elle s'occuperait de Mélusine. Ça semblait un bon plan ! Absinthe roula les yeux dans ses orbites mais se leva néanmoins pour s'installer à la table sur laquelle Delacroix était déjà en train d'installer le plateau.

Des feuilles blanches éparpillées, des crayons mâchonnés, des dés aux formes bizarres, un énorme radio cassette, un écran de jeu illustré de monstres multicolores aux mufles baveux et aux dents acérées. En effet c’était nouveau. Absinthe fit rouler l’un des dés entre ses doigts d’un air sceptique.

“Où est-ce que tu as trouvé ça ?”

Delacroix balaya la question d’un revers de la main en brandissant un livre aux illustrations colorées sous le nez de sa soeur de clan.

“Regaaaaarde ! C’est pas trop cool ?! J’suis sûre que ça va te plaire !”

Absinthe feuilleta le livre et se détendit au fur et à mesure. En effet, les dessins étaient plutôt pas mal !

“Et ça parle de quoi ?” demanda-t-elle. Yes ! Mélusine sut qu’Absinthe avait mordu à l’hameçon.

“Ça se passe dans un monde tyrannisé par un empereur démoniaque qui veut mettre la main sur les nouveaux territoires de l’Est où vivent pleins de races différentes. Et vous êtes un groupe d’aventuriers ou d’aventurières si tu préfères, et vous vous battez contre les sbires de Mantrax, l’Empereur dont je te parlais parce que tu détiens une pierre dont il a besoin pour asservir le monde, sauf que toi tu sais pas que c’est une pierre si importante !” Delacroix se rendit compte trop tard qu’il en avait trop dit.

“Tu as déjà décidé quel personnage j’allais jouer ?” demanda Absinthe l’air légèrement déçue.

“Oui je vous ai fait vos fiches, je me suis dit qu’on pourrait jouer plus vite.”

“Voui”, répondit Absinthe en faisant la moue.

“Mais c’est toi qui décide de ce que fait ton perso” précisa-t-il. “C’est ça tout l’intérêt. Mélusine ça te dit ? Tu serais cette guerrière de la race des Racoons, des ratons laveurs humanoïdes. Et toi Absinthe, tu serais une grande prêtresse minotaure.”

“Quoi ? J’ai une tête de vache ?! Même pas en rêve !” s’offusqua la blanche Gargoyle.

“Mais si ! C’est une race super puissante et bien bourrine. Je me suis dit que ça te collait bien !” Expliqua Delacroix avec son livre comme support.

“Répète ça un peu !” menaca Absinthe en remontant ses manches.

Pendant que les deux autres commençaient à se chamailler, Mélusine repéra sur la table les petites figurines aux traits grotesques et aux peintures imprécises. Elle les saisit entre ses doigts pour les étudier de plus près. En effet, elle reconnut un raton-laveur avec une poitrine et une minotaure aux grandes cornes de Zébu et un énorme marteau. Mélusine pouffa en se disant que ça correspondait bien à Absinthe. Mais elle remarqua qu’il y avait également d’autres figurines que celles de leurs personnages. Certaines étaient cachées derrière l’écran de jeu mais il y avait une espèce de serpent géant écarlate qui gisait près des statuettes représentant les personnages joueurs. Ça lui rappelait le géant vert à quatre bras qu’elle avait trouvé dans la cuisine un peu plus tôt. Delacroix avait l’habitude de laisser traîner ses jouets partout, du coup Mélusine ne s’en était pas inquiété.

“Et ça c’est quoi ?” demanda-t-elle.

Delacroix se retourna et lui prit les figurines des mains pour les replacer sur le plateau de jeu.

“Tu verras bien assez tôt” lui répondit-il d’un ton qu’il voulut mystérieux.

Les filles cédèrent à la curiosité et les arguments de Delacroix puis s’installèrent autour de la table. Le concept du jeu était plutôt simple et laissait libre court à l’imagination des joueuses, mais surtout à celle du “Maître du Jeu” comme Delacroix aimait s’appeler. Il avait enfilé une vieille robe bleue foncée sur laquelle il avait accroché des étoiles à l’aide d’épingles à nourrice. Il avait mis une fausse moustache longue comme un serpentin et s’était affublé d’un chapeau pointu qui penchait lamentablement. Il avait pris une voix grave et rocailleuse pour parfaire son personnage et racontait l’histoire, les situations, décrivait les décors et les protagonistes ou figurants que les héroïnes croisaient. Il s’était aidé également du radio cassette pour diffuser des musiques d’ambiance prévues pour la partie. Il avait prévu son coup ! On aurait cru qu’il avait fait maître du jeu toute sa vie tant cela lui paraissait naturel. Absinthe soupçonnait qu’il s’était entraîné tout seul dans sa chambre face à son miroir.
Les filles avaient mis du temps à comprendre le système des jets de dés, et il faut bien avouer que Delacroix se trompa une ou deux fois.
En tout cas, les fous rires et les blagues s’enchaînaient et tous passaient un excellent moment, contre toute attente.

Au moment de notre récit, Iscarotte, la Minotaure et Fur-Fur la Racoon avaient triomphé face à une carpe géante qui avait tenté d’en faire son repas alors que les deux aventurières voyageaient à dos de chameaux le long du Lac Noir.

Absinthe se leva et demanda une pause, histoire d’aller chercher une jarre à cookies et rapporter une nouvelle bouteille de coca. C’est que ça creuse tout ça ! Mélusine en profita pour s’étirer les membres, faisant craquer ses genoux et les attaches de ses ailes.

“On est encore loin du monastère ?” demanda cette dernière en trifouillant les figurines sur le plateau.

“Tu veux faire un jet de perception ?” répliqua Delacroix. “Peut être que celui là tu le réussiras…”

“C’est ça, moque toi” répondit-elle en faisant mine de bouder. Après quelques instants, un détail lui mit la puce à l’oreille. “Tiens donc, c’est bizarre…”

“Quoi ?” Delacroix leva le nez de ses fiches.

“Bah regarde, tes figurines… Tu trouves pas qu’il y a un truc de louche ?”

La gargoyle bleue se pencha et attrapa la minotaure miniature pour la soupeser.
“Ah oui c’est vrai c’est bizarre, elle est plus lourde. Et puis elle m’a l’air beaucoup plus grosse que lorsque je l’ai peinte.” remarqua Delacroix.

“Ah tu vois ? J’ai pas la berlue.”

Absinthe choisit ce moment-là pour revenir dans le salon, les yeux exorbités mais sans la jarre à cookies et sans la bouteille de Coca et - s’il était possible - plus blanche qu’elle ne l’était déjà.

“Bah alors ? Il est où mon Coca ?!” s’exclama Delacroix.

“Pas si fort !” grommela Absinthe. “Tu vas l’attirer ici”

“Quoi ? Attirer qui où ?” demanda Mélusine en se levant de sa chaise. Un mauvais pressentiment lui courut le long de la colonne vertébrale.

“SHHHHHHH !” Absinthe semblait terrifiée. Elle fit un signe derrière elle, désignant du pouce le couloir vers la cuisine.

Les deux autres se levèrent et se dirigèrent vers la salle incriminée. Marchant sur la pointe des pattes, ils arrivèrent silencieusement tant bien que mal à destination et Mélusine tendit le cou, suivie de Delacroix.

Là dans la grande cuisine, une énorme créature verte pomme et à quatre bras était penchée vers les placards et en sortait conserves et pots, les reniflant au passage et jetant en arrière celles ou ceux qui ne lui convenaient pas. Un toupet de poils noirs couronnait le haut de son crâne et ses crocs baveux dépassaient de son mufle comme ceux d’un sanglier. L’une de ses mains retenait son pagne sur ses hanches tandis qu’une autre tenait une énorme massue. Son aspect était particulièrement étrange, comme s’il avait été grossièrement sculpté dans du bois et peint sans grand talent.

Absinthe brandit les bras vers la créature de dos, en faisant les gros yeux accusateurs à Delacroix qui se dédouana en secouant la tête et agitant les mains devant lui, indiquant que ce n’était pas sa faute. Les deux commencèrent à se disputer aussi silencieusement qu’ils le pouvaient mais ils ne purent s’empêcher de laisser s’échapper quelques bruits et onomatopées qui firent se dresser les oreilles du géant. Les gargouilles eurent juste le temps de se planquer à temps avant que la créature verte ne se retourne pour voir d’où venaient ce bruit qui le dérangeait.
Derrière le mur, les trois adolescents suaient à grosses gouttes.

“C’est quoi ce truc ?!” souffla Absinthe

“Selon mon livre, c’est un Troll des montagnes. Ils sont censés ne vivre que dans les contreforts du Lac Noir. Vous deviez vous battre contre un troll à la fin de votre voyage mais comme j’avais perdu la figurine que j’avais préparé, je l’ai remplacé par un serpent des sables. ” chuchota Delacroix pour lui répondre.

“Par hasard, tu n’es pas descendu pour te prendre un verre de Banania ces derniers jours pendant que tu peignais tes figurines ?”, interrogeait la Gargoyle aux lek’kus.

Delacroix réfléchit tandis que Absinthe se penchait pour s’assurer que le troll était retourné à ses explorations culinaires.

“Oui tu as raison ! Comment le sais-tu ? Aurais-tu des pouvoirs de médium ” demanda-t-il en avançant un doigt soupçonneux vers Mélusine.

“Non, idiot ! J’ai juste trouvé ta figurine à côté de l’évier quand je me suis réveillée tout à l’heure, à côté d’un verre sale qui sentait le lait au banania séché.” se dédouana l’adolescente.

“J’en étais sûre ! C’est de ta faute ça, Delacroix !” souffla Absinthe en arrachant l’une des étoiles du costume du faux sorcier d’une colère contenue.

“Non c’est pas moi ! Tu sais je suis pas un vrai sorcier, c’est juste un déguisement !”

Arrivés tous deux à la même conclusion en même temps, les têtes de Delacroix et Absinthe se tournèrent d’un même mouvement vers leur soeur de clan qui déglutit avec difficulté.

“En parlant de sorcier…”

“C’est pas moi, j’ai rien fait !” se défendit Mélusine.

“Qui d’autre ?” souffla Absinthe, les yeux rétrécis en une fine fente.

“Je sais pas moi !” chuchota la verte.

“Tu savais exactement où était cette figurine ! Et en plus il est vert comme toi !” persista Delacroix, content que l’attention soit portée sur Mélusine et non plus sur lui.

“Comment j’aurai pu créer une créature qui est sortie d’un bouquin que je viens de découvrir ?!? Tu sous-entends quoi ? Que j’ai donné vie à ta fig…”

Mélusine s’interrompit en plein milieu de sa phrase et se figea, les yeux exorbités.

“Oh non !” Elle se leva aussi silencieusement qu’elle le put, se retourna vers les deux autres :

“Fermez la porte de la cuisine et barricadez-la avec ce que vous pouvez.” dit-elle avant de se précipiter vers le salon.

“Que - Quoi ? Mél… Mélusine !! reviens ici ! Nom d’une soupape ! ” jura Delacroix après que Mélusine eut disparut du couloir.

“Qu’est ce qu’on va faire avec ce troll ?” pousuivit-il en direction d’Absinthe.

“Je sais pas moi, c’est toi le Maître du jeu ! Qu’est ce qu’ils en disent dans ton bouquin, là ?” rétorqua Absinthe en croisant les bras sur son torse.

“Ah oui c’est vrai. Qu’est ce qu’ils racontent déjà ? Ah oui ! C’est un monstre de catégorie G, il a 63 points de vie, initiative +2 et un avantage en domaine forestier et montagnard. Attaque griffes +9 soit un D6 +6….”

Absinthe perdit son sang froid et lui asséna une torgnole sur l’arrière de la tête.

“Arrête ton charabia ! On le bute comment dans ton bouquin ?”

“Bah c’est pas précisé, c’est à vous de le tuer normalement. Sauf s’il vous blesse… ou vous tue” répondit Delacroix en se frottant l’arrière du crâne.

“... Ah, génial.” Absinthe se retourna, leva les yeux et se figea. Leur querelle avait gagné un spectateur dont les yeux ne respiraient pas l’intelligence.

“Et maintenant on fait quoi ?” chuchota-t-elle.

“ON FUIT !!!” hurla Delacroix en attrapant Absinthe par le bras et détalant vers l’autre côté du couloir. Le Troll poussa un borborygme incompréhensible, se tapa le torse d’une main et abattit sa massue sur le mur de l’autre, là où les deux gargoyles se tenaient quelques instants auparavant.

Le bruit était effrayant. POUM POUM POUM… la démarche lourde du troll faisait trembler les murs et ses hurlements faisaient encore plus hurler de terreur les deux gargouilles. Heureusement son poids et sa stature lui firent prendre du retard. Déboulant dans le salon, ils s’empressèrent de barricader la porte du salon avec le canapé.

“Et qu’est ce qu’on fait maintenant ?” Demanda Absinthe à Delacroix. Ce dernier se rua sur la table pour attraper son guide de jeu de rôle et commença à feuilleter avec diligence les pages. Absinthe se redressa et se rapprocha elle aussi de la table, surveillant du coin de l’oeil la porte barricadée. Sur le plan de jeu, quelque chose clochait.

“Il ne manque pas quelque chose sur ta table, là ?” demanda-t-elle.

Delacroix baissa les yeux et blémit. Les figurines d’Iscarotte et Fur-Fur avaient disparu. Il fouilla fébrilement le reste de l’installation, sous les feuilles, sous la table, sous les chaises, sous les commodes… mais il fallait bien en venir à la conclusion suivante :

“Je crois que nous avons une minotaure et une racoon qui se baladent dans le manoir.” s’exclama-t-il.

“Tu rigoles !?” s’insurgea Absinthe.

Delacroix acquiesça silencieusement de la tête.

“Je suis sûre que c’est encore un coup de Mélusine et de son fichu bouquin. Elle nous cache quelque chose.” Continua-t-elle. “Où est-elle passée d’ailleurs ?”

Une petite tête verte dépassa de derrière le fauteuil près de la cheminée.

“Ah ! te voilà !” maugréa Absinthe “Dans quel pétrin nous as-tu mis ? Qu’est ce qui s’est passé ?”

Mélusine sortit de sa cachette et retrouva penaude ses compagnons.

“Je n’ai pas fait exprès ! Je crois que c’est mon nouveau sort qui a mal fonctionné”, avoua-t-elle.

“Ah bah oui tiens, un nouveau sort ! Pourquoi ça ne m’étonne pas ! On t’avait dit que c’était dangereux ! Je ne comprends pas pourquoi Père ne t’a pas encore confisqué ce bouquin ! Je suis sûr qu’il le fera à son retour ! Donne le moi.” Annonça Absinthe, quelque peu agacée.

Mélusine eut un mouvement de repli et serra encore plus le vieux grimoire contre elle.

“Non. Tu ne me le prendras pas. C’est la seule chose qu’il me reste de mon clan de naissance. En plus je peux y trouver un contre-sort pour se débarrasser des nos invités surprises. A moins que tu ne saches lire le latin...”

La remarque piqua au vif Absinthe. Elle bougonna en croisant les bras sur sa poitrine : “Je ne suis pas la seule à ne pas comprendre le latin apparemment…”

Le Troll choisit ce moment-là pour annoncer sa présence et son désir de rentrer dans la pièce. Il frappait la porte, tentant de la fracasser en poussant des borborygmes.

“Et comment on s’en débarrasse de ce troll ? Il va arriver d’un moment à l’autre ! Père va être furax s’il défonce sa porte en acajou !” commença à paniquer Delacroix.

Sans mot dire, Mélusine posa son gros livre sur la table, faisant voler quelques feuilles du jeu.  Elle tourna quelques pages et s’arrêta sur une formule qui lui éclaira le regard.

“Ça devrait marcher !” s’exclama-t-elle.

“Quoi donc ?” demanda Absinthe qui gardait un oeil sur la porte branlante.

“Delacroix, tu as toujours les billes de verre que je t’avais données ?”

“Oui, je les utilise pour “Château et Chimères” pour tirer le destin. Elles sont dans le petit sachet sur la table.” répondit l’intéressé.

“Parfait.”

Mélusine plongea sa main dans le sachet en tissu qu’elle soupçonnait cousu par Absinthe et en sortit cinq billes bleues aux reflets turquoise. Elle les recouvrit de son autre poing et chuchota des paroles magiques entre ses mains. Du latin à n’en pas douter.

“Dépèche-toiiiiii” susurra Absinthe qui voyait la porte céder petit à petit.

Après quelques instants, Mélusine rouvrit ses mains et découvrit les cinq billes devenues écarlates.

“Voilà ... Il faut les disposer autour de lui et que je les active par un dernier enchantement.”

La porte céda dans un horrible craquement, stoppant Mélusine dans son discours et laissant apparaître la silhouette trapue du troll. Celui-ci hurla de tous ses crocs, postillonnant partout et brandissant sa massue.

Delacroix, entraîné par un surplus d’adrénaline bondit sur le mur pour retomber sur les épaules du Troll, en faisant tomber une lampe au passage. La créature verte se cabra, essayant d’attraper de l’un de ses bras l’intrus qui l’avait chevauché comme un cheval de manège.

“ ABSINTHE ! MAGNE TES FESSES ! OCCUPE-TOI DES BILLES !”

Sortant de sa torpeur, la gargouille blanche attrapa les calots des mains de Mélusine et les sema autour du Troll, essayant d’éviter de les placer pas trop prêt de la créature pour qu’il ne les piétine pas. La massue passa près de sa tête plus d’une fois mais heureusement, Absinthe était agile.
Sa tâche terminée, elle se retourna vers sa soeur de clan et hurla :

“MAINTENANT !”

Mélusine, tenant le grimoire d’une main leva la seconde et prononça d’une voix solennelle ces mots aux accents oubliés :

“Revertere ad pristinum et exuret eam tibi !”

Les billes se mirent à briller et un flux d’énergie jaillit d’elles pour les relier les unes aux autres. Une déflagration retentit et un éclair jaillit, emplissant l’air ambiant d’électricité. Absinthe sentit ses cheveux se dresser sur la tête et se cacha les yeux, éblouie par la lumière blanche.
Lorsque celle-ci disparut, une odeur de brûlé emplit la pièce. Delacroix était par terre. Un cercle carbonisé était gravé dans le tapis et formait un cercle autour de lui. Le Troll quant à lui avait disparu.

Delacroix tenta de se relever mais grimaça comme s’il avait marché sur un lego et attrapa sous lui une petite figurine en bois aux quatre bras et peinte en vert.

“Bon, un de moins !” annonça-t-il d’un air satisfait.

Mélusine referma son grimoire avec satisfaction dans un bruit sourd de papier. “Il faut arrêter la Minotaure et la Raton laveur avant qu’elles ne sortent de la propriété et décident d’aller se balader en ville ! Il ne faudrait pas que ça fasse la Une de Télé Matin demain.” S’exclama-t-elle.

“Oui tu as raison !” acquiesça Absinthe “Tu as d’autres billes pour les transformer ?”

“Non, c’était les seules que j’avais. Il va falloir que je trouve autre chose et vite !”

Les trois gargouilles se précipitèrent vers la véranda qui était ouverte sur l’extérieur.

La terrasse était recouverte d’une fine pellicule blanche et il neigeait encore. La température avait glacé les arbustes repliés sur eux même pour passer l’hiver. On aurait un Noël blanc cette année. Heureusement pour elles, les gargouilles n’étaient pas sensibles au froid. Mais là n’était pas la question. La présence de la neige était bien opportune car les 3 créatures ailées purent suivre les traces des deux figurines géantes.

“Ici regardez !” S’écria Delacroix en désignant les empreintes de pas dans la neige. Elles était fraiches et se dirigaient vers l’entrée de la propriété.

“Vite il faut les arrêter avant qu’elles ne se baladent dans la rue. Mélusine, tu as un sort ?” demanda Absinthe.

L’apprentie sorcière consulta rapidement son grimoire et tomba rapidement sur un sort qui ferait l’affaire. Elle avait assez parcouru l’ouvrage pour penser à une incantation opportune.

“Oui, je pense.”

“T’es sûre de ton coup ? On n’a pas le droit à l’erreur hein !” précisa Absinthe. Elle doutait toujours des capacités magiques de sa soeur qui étaient plus qu’inconstantes. Mais bon, elle venait d’en réussir un et puis… avaient-ils un autre choix ?

“Oui, oui. Par contre, faut pas que vous soyez dans le rayon du sort. Sinon vous pourriez être touchés et… ce serait bien dommage.”

“Ok, ok.” Absinthe avait ce regard soupçonneux que Mélusine voyait souvent.

“Là bas ! Elles sont là bas, je vois leurs silhouettes !” s’écria Delacroix en désignant ses ombres derrière le petit lac et les saules pleureurs éclairés par les lampadaires du parc.

*Bande son : Survivor - Eye of the Tiger*

“Essayez de les arrêter. Il ne faut pas qu’elles sortent !” s’exclama Mélusine.

Delacroix et Absinthe se mirent à courir sur leurs quatre pattes, Delacroix passant sur la gauche et Absinthe se dirigeant vers la droite. La minotaure et la racoon marchait difficilement sous la neige, elles n’étaient pas habillées ni préparées à ce type de climat. Toutes deux conversaient dans un langage étranger qu’aucun ne comprenait. Elles se rapprochaient dangereusement de l’entrée du parc, encore fermé par de hauts murs et un gros portail qui les protégeait du regard. La gargouille bleue grimpa sur le chêne qui trônait à l’entrée du parc, face au haut portail et sauta sur la minotaure, se tenant à ses immenses cornes de Zébu. Absinthe pensa que décidément, il allait falloir qu’il diversifie ses initiatives au combat.

La femme taureau fut tirée en arrière, essaya d’attraper l’intrus qui lui avait attrapé les cornes. Son immense marteau ne lui était d’aucun secours car trop gros et trop imposant. La Racoon - de la taille sensiblement identique à un vrai raton laveur - voulut riposter et libérer sa compagne de voyage mais c’est à ce moment qu’intervint Absinthe qui l’envoya valdinguer dans la neige d’un coup de queue bien placé. Un peu étourdie par le coup qu’elle n’avait pas vu venir, la petite créature n’eut pas le temps de répliquer au dernier coup de la gargoyle blanche qui lui asséna un dernier coup afin de l’envoyer dans les pommes.

“Désolée Fur-Fur” s’écria Absinthe en pensant que le personnage créé par Delacroix n’était pas bien puissant.

Et de un !

Toujours à cheval sur Iscarotte, Delacroix se sentait l’âme d’un cowboy sur un taureau de rodéo, criant des HI et des HA comme dans Dallas. Combien de temps arriverait-il à tenir sur son dos ? Le plus longtemps possible espérait-il. La minotaure avait fini par jeter son énorme marteau à terre, tentant de saisir de ses mains la gargoyle bleue.

Mélusine de son côté suivait l’altercation avec anxiété, elle ne pourrait lancer le sort que lorsque ses deux amis ne seraient plus à proximité des deux créatures. Et si son sortilège ne marchait pas ? Et s’il lui revenait en pleine figure par un effet boomerang ? Elle ne voulait pas y penser mais il fallait bien l’avouer, bien qu’à contre coeur qu’Absinthe avait raison, elle avait plutôt tendance à rater ses sorts qu’à les réussir.

Un cri la fit sortir de ses pensées. La minotaure avait réussi à attraper la jambe de Delacroix et l’avait envoyé au sol. Remarquant alors sa compagne de voyage Racoon étendue dans la neige, la créature taurine se mit à expirer fort et meugler sous l’effet de la colère. Delacroix était à la merci d’Iscarotte qui allait lui envoyer son sabot dans la figure, mais c’était sans compter sur Absinthe qui s’était emparé du marteau de la taurine et qui l’envoya rejoindre Fur-Fur au pays des songes.

Balançant le marteau sur son épaule, Absinthe tendit une main héroïque à un Delacroix assis dans la neige, qui la regarda avec des yeux tout différents. *Bande Son : ABC The Look of Love*
D’un mouvement d’épaules, la gargouille aux cheveux verts aida son ami à se remettre sur ses pattes, puis s’adressa à Mélusine :

“Allez, profite en, elles sont encore dans les vappes.” dit-elle en s’éloignant de leurs malheureuses victimes.

Mélusine relit son sort pour mémoriser les termes une dernière fois. Elle attendit qu’Absinthe et Delacroix passent derrière elle, puis tendit la main et prononça ces paroles avec le plus d’assurance possible :

“Usque ad diluvium lapidem dormiam”

Un torrent d’énergie jaillit de sa main puis encercla les deux créatures à terre. La minotaure était en train de se relever, un genou à terre mais elle fut stoppée par le champ de force créé par le sort. L’énergie tourna autour des deux encore pendant quelques instants, de plus en plus rapidement, les obligeant à se relever sur leurs deux jambes, et figea leurs traits à tout jamais dans la pierre, dans un beuglement à briser le coeur.
Lorsque les effets magiques se turent et disparurent, deux nouvelles statues trônaient dans le jardin.

“Ça a marché !” glissa Mélusine dans un soupir de joie, elle-même étonnée du bon fonctionnement du sort.

Absinthe et Delacroix ne purent s’empêcher d’avoir un frisson de malaise en voyant ces deux créatures transformées en statues sous leurs yeux. Il tournèrent la tête et regardèrent Mélusine presque avec appréhension.

“Qu’est ce que tu as demandé dans ton sort ?”

“Qu’elles dorment jusqu’au prochain déluge. Pourquoi ?”

Delacroix déglutit. En effet, heureusement qu’ils ne s’étaient pas retrouvés dans le champ d’action du sortilège ! Il commença à regarder Mélusine avec un nouveau regard, un mix d’inquiétude et d’admiration.

“Espérons que Père ne se demande pas d’où sortent ses deux nouvelles statues…” annonça Absinthe, toujours pragmatique.

Relâchant la pression après tant d’aventures, les trois amis soufflèrent un bon coup et rirent aux éclats (c’est comme dans les films, se dit Delacroix) et se dirigèrent vers le manoir. Il allait falloir faire quelque chose pour la porte défoncée et la trace sur le tapis. Mais ils avaient bien le droit d’un moment de détente avant d’entamer les choses sérieuses.

Mélusine s’installa dans le fauteuil près de la cheminée, comme à son habitude, tandis qu’Absinthe se faisait un thé. Après l’effort, le réconfort ! Delacroix quant à lui était en train de rassembler les feuilles de jeu tombées à terre.
Enfin tranquille ! Ils avaient tous eu leurs lots d’aventures et de terreurs pendant la nuit !

C’est alors que l’apprentie sorcière remarqua une chose mouvante qui tournait autour de son fauteuil. Quelque chose de rouge, à la texture de bois et à moitié peint, comme le troll, et comme la minotaure et la Racoon. La créature se redressa et dévoila ses yeux reptiliens et sa grande mâchoire, sifflant d’un air menaçant à l’adresse de la gargouille verte.

“Oh ! Bah le voilà ! je le cherchais ! Ça, c’est un Basilic ! C’est lui que vous deviez…”

“Rhooo, boucle-la Delacroix !” lança une Absinthe exaspérée. Quand il n’y en avait plus, il y en avait encore !?

Le Basilic tenta une attaque contre Mélusine mais celle-ci lui retourna un coup de grimoire bien placé sur le museau. Elle feula et ses yeux luirent d’une teinte rougeâtre. Ça suffisait comme ça ! Le troll, et puis les deux autres ! Non mais !
Le serpent siffla en retour, visiblement agacé par la résistance de sa proie. Et il était clair qu’il ne comptait pas en rester là.
Delacroix commença à lancer des objets sur le reptile de bois. Des coussins, des bibelots, des magazines. Même le “Elle” d’Absinthe y passa. Les projectiles les plus durs réussirent à érafler leur cible, arrachant des échardes au passage. Cela fit réagir Absinthe qui profita de la tentative de distraction pour régler son compte au monstre.
Elle se lança de tout son poids sur le Basilic qui sous la violence du choc fut déséquilibré et bascula dans la cheminée.
Le Basilic se mit à siffler et à se tordre dans tous les sens et c’est dans un énorme crépitement de flammes et d’horribles sifflements qu’il prit feu et fut réduit en cendres dans des flammes bleues, rouges et jaunes.

Mélusine aida Absinthe à se remettre sur pieds et toutes deux regardèrent le Basilic finir en petit bois et réchauffer la pièce.

“Bon c’est le dernier j’espère !” s’écria Absinthe qui commençait à en avoir marre de castagner du monstre pour de vrai.

Delacroix les rejoint devant l’âtre, mit les poings sur ses hanches et annonça cette maxime épique qu’il voulait philosophique et profonde tel qu’aurait pu le faire son idole Chuck Norris.

“Adieu Basilic ! Tu sais, le feu, ça brûle !”

Absinthe et Mélusine ne purent s’empêcher de pouffer et d’exploser de rire, cassant l’instant si solennel et cinématographique qu’imaginait et espérait Delacroix.

“Naaaan les filles ! Vous avez tout pourri mon moment, là !”

Après s’être remises de leurs fou-rires, les deux filles prirent Delacroix par l’épaule et le firent avancer vers la table de jeu.

“On a pas une aventure à terminer ?” demanda Mélusine.

Les yeux de Delacroix s’éclairèrent.

“On peut se passer des figurines pour jouer non ?” poursuivit-elle.

“On forme une bonne équipe quand même !” dit Absinthe à ses deux frère et soeur de clan.

“Oui mais je préfère les battre dans le jeu !” répondit Mélusine.

Tous acquiescèrent de la tête et Delacroix reprit son récit.

-FIN-

Épilogue :

La Bentley Mulsanne s’engouffra dans l’allée. Isidore Montigny était enfin de retour. Le gala de charité s’était extrêmement bien passé et il avait pu faire des rencontres tout à fait intéressantes. Notamment ce David Xanatos qui était fort intéressé par sa fondation. Mais le professeur Montigny sentait en son fort intérieur que Monsieur Xanatos n’était pas quelqu’un à qui l’on pouvait donner le bon Dieu sans confession malgré ses grands airs. Il était au courant que l’américain hébergeait lui aussi un clan de gargouilles là haut dans son château de la tour Eyrié mais il doutait que lui en retour était au courant pour ses enfants.
Et le plus longtemps cela allait durer ainsi, mieux ce serait !

Toutefois, il eut une pensée pour ces protégés et l’effet que ça leur ferait s’ils rencontraient ce clan de Manhattan. L’on disait beaucoup de choses contradictoires sur ce Goliath mais il était persuadé qu’il était un homme de bien et d’honneur.

La tête dans ses pensées, Isidore Montigny regarda par la fenêtre et fronça les sourcils.

“Mais qu’est ce que c’est que ça ?”


- VRAIE FIN - 

Petit hommage aux parties de JDR endiablées avec Amaury et Louise (alias Delacroix et Abinthe :D)